Quel est l’impact des transports sur l’environnement ?

L’impact des transports sur l’environnement se mesure d’abord en gaz à effet de serre. En France, le secteur représente environ 34 % des émissions nationales de GES, soit près de 131 Mt éqCO₂ sur 373 Mt éqCO₂ d’émissions totales en 2023. C’est le premier poste d’émissions du pays, et le seul grand secteur dont le niveau reste supérieur à celui de 1990.

Émissions de CO₂ par mode de transport : le tableau comparatif

Tous les modes de transport ne pèsent pas de la même façon sur le climat. La route concentre la quasi-totalité du problème, tandis que le ferroviaire reste marginal en volume d’émissions. Le tableau ci-dessous met en regard les principaux modes selon leur contribution aux émissions du secteur en France.

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Mode de transport Part dans les émissions du secteur Tendance depuis 1990
Transport routier (total) 94 % des émissions du secteur Hausse liée à l’augmentation du trafic
Véhicules particuliers Majorité du transport routier Gains techniques annulés par la croissance des déplacements
Poids lourds et utilitaires Part significative du routier Forte dépendance au diesel
Transport aérien (intérieur) Faible en volume national Le plus émetteur par kilomètre parcouru
Transport ferroviaire Très faible Électrification avancée, empreinte réduite

Le chiffre qui résume le déséquilibre : 94 % des émissions de GES des transports proviennent de la route. Les transports internationaux (aérien et maritime) sont par convention exclus du total national, ce qui sous-estime encore le bilan réel de la mobilité.

Train de fret traversant une zone rurale avec émissions diesel symbolisant l'empreinte carbone du transport ferroviaire

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Pourquoi les émissions des transports augmentent malgré les progrès techniques

Depuis 1990, les moteurs thermiques ont gagné en efficacité. Les normes Euro successives ont réduit les émissions unitaires de polluants. Les véhicules récents consomment moins de carburant au kilomètre que leurs prédécesseurs.

Ces progrès n’ont pas suffi. Le rapport Secten 2024 du Ministère de la Transition écologique souligne que les émissions du transport ont augmenté d’environ 3 % par rapport à 1990. C’est un cas unique parmi les grands secteurs français : l’industrie, le bâtiment et l’agriculture ont tous réduit leurs émissions sur la même période.

L’effet rebond de la mobilité routière

La raison tient à un mécanisme simple : l’amélioration de la performance environnementale des véhicules ne compense pas l’augmentation du volume de circulation. Le nombre de kilomètres parcourus en voiture a progressé régulièrement, porté par l’étalement urbain, la périurbanisation et la croissance du fret routier.

Ce phénomène est documenté. Des véhicules plus sobres incitent parfois à rouler davantage (coût au kilomètre perçu comme plus faible). Le parc automobile français a aussi grossi en volume, et le poids moyen des véhicules neufs a augmenté avec la montée en gamme des SUV.

Pollution de l’air et santé : les effets au-delà du carbone

L’impact des transports sur l’environnement ne se limite pas aux gaz à effet de serre. La combustion de carburants fossiles (essence, diesel) libère des polluants atmosphériques dont les effets sur la santé sont directs.

  • Les oxydes d’azote (NOx), émis principalement par les moteurs diesel, contribuent à la formation d’ozone troposphérique et aggravent les pathologies respiratoires
  • Les particules fines (PM2,5 et PM10) pénètrent profondément dans les voies respiratoires et sont associées à des maladies cardiovasculaires et des cancers pulmonaires
  • Les composés organiques volatils (COV) participent à la dégradation de la qualité de l’air en milieu urbain, où la densité de circulation est la plus forte

La qualité de l’air est un enjeu de santé publique reconnu par l’ADEME, qui souligne ses interactions avec d’autres axes de la transition écologique comme le bâtiment ou l’agriculture. Les zones à faibles émissions (ZFE), mises en place dans plusieurs agglomérations françaises, visent précisément à réduire l’exposition des populations à ces polluants.

Décarbonation des transports en France : la trajectoire de la SNBC

La Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) fixe le cadre de réduction des émissions pour chaque secteur. Pour les transports, l’objectif est une baisse drastique des émissions à horizon 2050, ce qui suppose une transformation profonde du parc de véhicules et des usages.

Électrification et report modal

Deux leviers structurent cette trajectoire. Le premier est l’électrification : la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM), promulguée en décembre 2019, prévoit l’interdiction de la vente de voitures utilisant des énergies fossiles carbonées à l’horizon 2040.

Le second levier est le report modal, c’est-à-dire le transfert des déplacements vers des modes moins émetteurs. Le ferroviaire émet très peu de GES par passager-kilomètre grâce à un réseau largement électrifié. Le vélo, soutenu par un plan national, vise à tripler sa part dans les déplacements quotidiens.

Ce que change le décret SNBC 3

Le décret SNBC 3 renforce les obligations de décarbonation pour les entreprises, notamment dans le secteur du transport de marchandises. L’information GES des prestations de transport devient un outil de pilotage pour les chargeurs et les transporteurs, qui doivent désormais afficher les émissions associées à chaque prestation.

Scientifique prélevant un échantillon d'eau polluée près d'une route pour analyser l'impact environnemental des transports

Les émissions des transports en France ont baissé depuis 2019, mais restent supérieures au niveau de 1990. Le transport routier porte la quasi-totalité du bilan carbone du secteur. L’écart entre les gains techniques et la croissance du trafic reste le noeud du problème : tant que le volume de kilomètres parcourus augmente, les progrès sur les motorisations ne suffiront pas à inverser la courbe.

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